• Rencontre.

    Un soir il s'était arrêté près d'un vieux cinéma qui passait un classique, un vieux classique  comme il les aimait, un film dont il aurait voulu être le héro et  vivre Les aventures au loin, Casablanca . Il avait sorti une cigarette de son étui, avait pris son briquet et s'apprêtait à l'allumer.

    A cet instant, une jeune femme en imperméable marron clair, talons hauts révélant la splendeur de ses jambes fines, les cheveux blonds cachés sous un foulard l'interpella d'une voix suave.

    "Bonsoir, vous avez du feu?

    Il n'en revint pas. Les lèvres de cette femme étaient pleines, recouvertes d'un rouge qui mettait en valeur leur pulpe naturelle. Elle était comme ces actrices dont il avait tant rêvé. Elle s'accordait parfaitement à son personnage fantasmé qu'il essayait d'incarner. Son regard de biche, perçant, semblait lire en lui et le deviner entièrement. Elle semblait sortie d'un film de Hitchcock. Elle le troublait et elle le savait.
    Il lui vint cette réplique qu'il connaissait par coeur et qu'il s'était entendu dire mille fois en situation imaginaire.

    - De tous les bars, de toutes les villes dans le monde, il fallut qu’elle entrât dans le mien !

    - Déjà la conclusion? nous venons juste de nous rencontrer, répondit-elle sans sourciller mais avec un tantinet de provocation dans le regard. J'avais le souvenir d'un homme plus grand, plus brun dans ce rôle. Elle sourit. Elle tendit sa cigarette vers lui.

    Il fit crisser son briquet et lui donna du feu.

    - Je voulais justement revoir ce chef-d'oeuvre. Voudriez-vous m'accompagner?

    - Pourquoi?

    -"tous les grands films, sans exception, contiennent une part importante de “Aucune raison”. Vous savez pourquoi ? Parce que la vie elle-même contient des tonnes de “Aucune raison”. Il lui sourit et tendit son bras  en un signe d'invitation à le suivre. Contre toute attente, elle glissa le sien en-dessous.

    - Alors sans aucune raison, allons-y.

    - Je m'appelle James Ruppert.

    - Faut-il qu'un nom soit prononcé?, répondit-elle mystérieuse.

    - A la fin du show, comme un Deus ex machina. Je peux attendre jusque-là.

    Et à la vie fantasmée de James se greffa la vie de Ingrid -vraiment c'était son prénom- qui s'étaient rencontrés comme dans un film, devant le cinéma qui jouait leurs héros préférés, mais à la différence des personnages de fiction, ils ne se séparèrent jamais.

     

     

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  • Commentaires

    1
    Mercredi 8 Juin 2016 à 21:34

    une suite à un texte écrit par Mirlen...

    2
    Jeudi 9 Juin 2016 à 14:07

    Coucou Cati, 

    merci beaucoup d'avoir joué le jeu :) je suis trop contente !

    J'aime beaucoup ton texte, qui reste totalement dans l'esprit du personnage décrit. Très belle mise en scène ! Le personnage d'Ingrid "se greffe" totalement à son univers, en effet ^^ 

    J'adore, je partage ; merci pour les références..

    bises 

      • Jeudi 9 Juin 2016 à 21:08

        Je suis très contente qu'il te plaise. Ma plume a joué un peu toute seule. je n'ai pas reconnu mon style. Merci à toi alors de m'avoir inspirée et aspirée dans une nouvelle atmosphère!!!

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