• Pantalon rouge, pantalon sang,

    Parti défendre sa patrie

    Parti la fleur au fusil

    Héro anonyme de tous les temps.

     

    Pantalon rouge, pantalon sang,

    A refusé de porter les vestiges

    D'un soldat mort sans prestige,

    Voulut garder son pantalon blanc.

     

    Le voilà mis sans coups férir

    Aux arrêts sans même l' avertir

    Ni du pourquoi ni comment

    Pour un pantalon plein de sang.

     

    L'exemple était nécessaire

    Ce n'était pas une grande affaire

    Tuer le soldat par trop insolent,

    Refusant le pantalon couvert de sang.

     

    Procès factice, droits dénigrés

    Lui qui pourtant avait sauvé

    Nombre de vies de ses camarades

    Blessés sur le champ de bataille.

     

    Poteau sinistre, exécution,

    Soulevant tant d'interrogations,

    Feu sur un homme qui se voulait décent

    Refusant le pantalon couvert de sang.

     

     

     


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  • Gueules cassées

     

     

     

    Envolée ma jeunesse sous les tirs des canons

    Effacé mon visage sous l'averse des plombs.

    L'enfer futur m'a déjà rattrapé

    Je n'entends plus rien que des hommes crier.

     

    Mon esprit de fou, ma face écrasée,

    Mes vestiges de ces jours, de ces nuits de ces heures,

    Preuves inavouables des instants de malheur

    Je n'ai guère plus que des larmes à verser.

     

    J'ai affronté l'ennemi,

    J'ai même couru vers lui,

    Usant de jurons comme on use de prières

    Je me souviens ma Douce, comme je souhaitais la guerre!

     

    J'aurais préféré que l'on me mette en terre.

    Mon fardeau est de vivre hanté des fantômes

    De ces hommes mutilés, pas plus vieux que des mômes.

    Qui de la Gloire ne connurent que la misère.

     

    Homme de l'instinct, au profil animal

    Je rêve d'oublier, me mirant dans la glace,

    Que j' ai commis le vice, que j'ai  subi le mal.

    Le combat fini, ma vertu veut reprendre sa place.

     

     

    Oh ma Douce, de retour, pourras-tu m'aimer?

    Comme j'ai dû apprendre à dompter mes cicatrices

    Sauras-tu apprendre à voir au-delà de ma gueule cassée?

    Aimer l'homme nouveau né de ces années destructrices?

     

    Jolana

     

     


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  • Tandis-que je prépare la fête tant attendue,

    Tu veilles jusque tard dans le grand froid de la rue.

    Je cherche la bonne volaille, les mets du réveillon,

    Toi ça fait un bail que tu n'as rien manger de bon.

     

    Je décore mon sapin de boules et de guirlandes

    Toi tu rêves d'un bain bien moussant et bien chaud.

    Les gens disent que tu ne travailles pas, que tu glandes.

    C'est plus facile comme ça, pour eux et leur ego.

     

    J'ouvre tous mes cadeaux au pied de mon sapin,

    Tu bois un cacao à l'abri d'un refuge.

    Demain les enfants iront jouer avec leur luge.

    Tu retourneras dehors, grignoter du pain.

     

    Ainsi va le monde et voudra-t-il bien changer?

    Partager parfois un peu de son doux confort?

    Offrir un peu de soi à tous ces naufragés?

    Las la vie suit encore la dure loi des plus forts.

     

     

    Jolana

     

    Vous pouvez retrouver ce poème dans mon atelier d'écriture :-)

     

     

     

     


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  • La pièce rapportée

    Récupérée sans être réclamée

    Parfois appréciée

    Parfois indésirée.

    En dessous des belles valeurs

    De la famille et sa hauteur

    Jamais dedans, toujours à côté

    Difficile de l'accepter.

     

     

    Jolana


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  •  

    Sacrifié au nom de quelle justice?

    Sacrifié au nom de quelle cause?

    Cause qui paraît bien factice

    Et ne laisse que des ecchymoses.

     

    Tu es parti, otage de la folie des hommes

    Victime de guerres "justes" paraît-il

    Ces combats à droite à gauche qui nous assomment

    Que l'on ne comprend pas tant ils sont futiles.

     

    La vie d'un père s'est évaporée en un coup de hâche

    Juste pour avoir été au mauvais endroit au mauvais moment,

    Nous avons tous perdu un peu de nous en lisant que ces lâches

    N'avaient pas hésité à t'ôter la vie, pas un seul instant.

     

    Les grands saigneurs qui nous dirigent

    N'ont pas peur derrière leurs bureaux

    De tenir tête à des terroristes

    Qui de pauvres hommes sont les bourreaux.

     

    Quelle grandeur d'âme au nom de la nation

    De laisser tuer les enfants de notre patrie

    Pour jouer ailleurs aux juges et leurs sanctions

    Quand tant de détresse est en attente dans notre propre pays...

     

    Jolana

     

     

     

    En hommage à ce père, mari ce fils, cet ami qui aurait pu être notre frère, notre père, notre fils, notre ami....

    LE 25/09/2014

     

    "Les guerres, ce sont des gens qui ne se connaissent pas et qui s’entretuent parce que d’autres gens qui se connaissent très bien ne parviennent pas à se mettre d’accord. "
    Paul Valéry


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